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Sur les traces des Amérindiens, la grande illusion
Le Soleil (Québec), le lundi 25 juillet 2005

Sur les traces des Amérindiens
La grande illusion
Régis Tremblay

Qu'elles sont lointaines ces photographies qui ne sont que de pâles reflets, dans le regard des Blancs, de ce que furent vraiment ces premiers conquérants de l'Amérique et que nous appelions erronément Indiens !

Photo Publications du Québec


Les clichés réunis dans l'ouvrage « Sur les traces des Amérindiens » mentent innocemment, n'étant que des mises en scène.
En contemplant ces 160 photos, dont les plus vieilles n'ont pas un siècle et demi, on a l'impression que ces Amérindiens ont attendu pendant 1000 ans cet instant où leur visage serait éternisé par une boîte à images...

Illusion plus grande encore qu'il n'y paraît. Réunis dans le 12e album de la collection Aux limites de la mémoire, Sur les traces des Amérindiens, ces clichés mentent innocemment, n'étant que des mises en scène. Ce sont tout de même les seuls témoignages visuels que nous ayons d'une époque révolue, bien que récente, d'un pays nommé par ses premiers habitants. Mais ce Kébec n'existe plus.

Rares, ces photographies n'en sont que plus précieuses. Trompeuses quelquefois, elles n'en sont pas moins révélatrices, chaque fois. Choisies dans des archives nationales ou privées, elles ont été prises par « le dernier coureur des bois », Jean Provencher, le botaniste Jacques Rousseau, le paysagiste Alexander Henderson, le cinéaste Albert Tessier et les gens de l'Office du film, les pères missionnaires et par bien d'autres aventuriers. Mais jamais par des autochtones.

Ils se sont prêtés au jeu, ces gens que l'on disait sauvages ! Ils acceptaient de bonne grâce de se faire croquer en train de fabriquer un canot, un tipi ou une cabane ronde. Ces gestes immémoriaux, ils les répétaient pour le photographe dans des habits de Blancs. On est touché à la vue de ces jeunes filles cries du lac Waswanipi, toutes souriantes dans leurs robes blanches à fleurs, gracieuseté de la Compagnie de la Baie d'Hudson. On reste pensif devant ces jeunes Micmacs de Listuguj, qui prennent la pose, mains jointes sur leurs surplis d'enfants de chœur. Que se passe-t-il derrière ces yeux interrogateurs ?

Gracieusement, les Amérindiens ont accepté de faire partie de nos processions religieuses, comme ces Attikameks de Manawan. Ils ont partagé nos jeux, comme le rappelle cette photo de 1907, où l'on voit une équipe de crosse de Kahnawake. Plusieurs membres de ce groupe ont péri dans l'effondrement du pont de Québec, cette année-là. Plus de 50 Mohawks, habitués de défier les lois de la gravité, travaillaient sur ce chantier et une trentaine ont perdu la vie dans la catastrophe...

Sur les traces des Amérindiens éclaire notre lanterne, et pas uniquement avec des photographies. Un texte d'introduction de Jeannine Laurent et de Jacques Saint-Pierre nous apprend que les quelque 72 000 Amérindiens sur notre territoire représentent moins de 1 % de la population québécoise. S'ils forment 10 nations, ils ne se rattachent qu'à deux groupes linguistiques. Les plus importants sont les descendants des Iroquois, avec 16 000 Mohawks et 3000 Hurons-Wendats. L'autre groupe linguistique, les Algonquins, est disséminé en huit nations à la grandeur du Québec : Abénakis du Centre-Sud, Algonquins de l'Outaouais, Attikameks de la Haute-Mauricie, Cris de la Baie d'Hudson, Innus de la Côte-Nord et du Lac-Saint-Jean, Malécites du Bas-Saint-Laurent, Micmacs de Gaspésie et Naskapis du Labrador.

Les communautés établies à proximité des grands centres, soit les Mohawks près de Montréal et les Hurons-Wendats en banlieue de Québec, sont moins présentes dans cet album : plus assimilés que les autres groupes, ils représentaient moins d'intérêt pour les chasseurs d'images !

On remarque tout de même plusieurs clichés remarquables pris à Wendake, dont celle de Ludger Bastien arborant fièrement la coiffe traditionnelle : un beau souvenir de cet homme qui eut autant de succès en affaires qu'en politique, lui qui représenta le comté de Québec au Parlement provincial, dans les années 20.

Et que dire de cette jolie photo prise en 1953, où l'on peut admirer le tout jeune et svelte Max Gros-Louis, montrant une truite d'un kilo pêchée dans la rivière des Hurons au nord de Wendake !

Jeannine Laurent et Jacques Saint-Pierre, Sur les traces des Amérindiens. 1863-1960, Collection Aux limites de la mémoire, Publications du Québec, 2005.

Source : http://www.aborinews.com/contenu/bulletin/bulletin.asp?cat=NouvellesFr&id=2306 

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