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Vers le Forum socioéconomique des Premières Nations


SÉRIE D'ARTICLES
Vers le Forum socioéconomique des Premières Nations

Le Devoir, lundi 16 octobre 2006
Le temps de la franchise est venu

Le Devoir, mardi 17 octobre 2006
Renforcer nos convergences

Le Devoir, mercredi 18 octobre 2006
Les paramètres essentiels d'un plan d'action Québec-Canada-Premières Nations

Ghislain Picard
Chef régional, Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador

Russel Bouchard, lundi 23 octobre 2006
Et si on commençait par dire la vérité!

Russel Bouchard, mercredi 25 octobre 2006
Le ministre Kelley a perdu une belle occasion de paraître plus grand que nature!

Russel Bouchard, mercredi 1 novembre 2006
Cachez ce Peuple que je ne saurais voir !



Le Devoir, lundi 16 octobre 2006
Le temps de la franchise est venu

Premier texte d'une série de trois Le premier grand forum panquébécois portant sur l'avenir socioéconomique des Premières Nations se déroulera du 25 au 27 octobre prochains à Mashteuiatsh. Cet exercice, comparable au Sommet de l'économie et de l'emploi, présidé par M. Lucien Bouchard en 1996, et au Forum des générations de M. Jean Charest en 2004, est d'une importance fondamentale pour nos Premières Nations.

Quelles sont les chances et les conditions de succès de ce forum ? Une réflexion préalable s'impose.

Un ensemble de dirigeants et de représentants de la société civile québécoise et canadienne participeront à ces travaux, côte à côte avec les dirigeants des peuples autochtones du Québec, afin d'unir leurs forces autour d'objectifs concrets. Nos peuples n'ont pas le choix ni les moyens de manquer cette occasion historique. Un assemblage de voeux pieux ne pourra traduire pour notre jeunesse nombreuse l'espoir sensible à un avenir prometteur. De vagues promesses échangées de part et d'autre ne suffiront pas.

Nos Premières Nations sont à l'avant-garde de cette responsabilité qui consiste à sortir nos peuples du sous-développement et du marasme social qui affligent la majorité de nos communautés. La balle est dans notre camp, et nous le savons. Nous avons d'énormes changements à apporter dans nos approches d'éducation populaire, de sensibilisation publique et de gestion de services intégrés, mais les gouvernements ont aussi une responsabilité indéniable.

Nous devons changer notre approche et penser en termes de nouvelle économie, d'économie sociale, d'économie régionale. Nous ne pouvons réaliser cette nécessaire révolution seuls, sans le soutien des Québécois et des Québécoises, mais certains obstacles nous éloignent. Dans le prochain article de cette série, j'aborderai la question de nos divergences et la façon de renforcer nos convergences.

Le fossé oublié

Un immense fossé sépare les conditions de vie des Québécois et des Québécoises et celle de nos peuples. Nous avons publié récemment les résultats d'une vaste enquête réalisée auprès de 4000 membres de nos communautés, soit près de 10 % de la population autochtone totale vivant au Québec. Le constat de la situation est tellement alarmant que certains l'ont qualifiée de «tiers monde de l'intérieur».

La moitié des adultes n'ont pas terminé des études secondaires et la moitié des enfants ont redoublé une année scolaire. L'obésité touche 52 % des enfants, 42 % des adolescents, 67 % des adultes et 71 % des aînés. Le taux de diabète des jeunes est de 15 %, il est trois fois plus important que celui du Québec. Le taux de tabagisme a quelque peu régressé, mais il est encore deux fois supérieur à celui du Québec.

La consommation d'alcool et de drogues est élevée; un adulte sur trois et un adolescent sur deux ont consommé de la drogue ou des substances volatiles dans les douze derniers mois précédant l'enquête. Un adulte sur six s'est fait traiter pour grave abus d'alcool.

Les conséquences en matière de violence verbale, physique ou psychologique sont majeures. Dix pour cent des maisons sont surpeuplées et une sur trois est infestée de moisissures. Les Premières Nations doivent être impliquées dans les processus décisionnels en matière d'eau aux niveaux national, provincial, territorial et local.

Le tiers des adultes considèrent avoir été victimes de racisme dans l'année. L'assurance-emploi et l'aide sociale comptent pour 44 % des revenus, même si le taux d'emploi a légèrement augmenté. L'usage d'une langue maternelle à la maison a chuté à 39 %.

Je pourrais citer d'autres indices de développement humain alarmants, mais j'en conclurais de toute façon que nos problèmes sociaux sont majeurs, que notre retard à cet égard sur la société québécoise et canadienne est important et que la détresse psychologique est très grande dans nos communautés. Cette situation est dramatique aujourd'hui; elle hypothèque notre avenir et elle est insupportable à long terme.

Leadership à prendre

Je ne peux accepter cette situation; les dirigeants politiques et sociaux des Premières Nations, de même que les acteurs sociaux et politiques québécois et canadiens ne le peuvent pas plus. Un vaste exercice de mise au jour de solutions et un programme exhaustif et réaliste d'intervention sont nécessaires.

Nous n'en sommes plus aux analyses et aux constats. La Commission royale sur les peuples autochtones a étudié en détail et avec lucidité ces questions pendant cinq ans et elle a présenté des centaines de recommandations dans son volumineux rapport de 1996, qui sont pour la plupart demeurées lettre morte, faute de volonté de nos hommes et femmes politiques.

En 1998, le gouvernement du Québec nous a imposé sans consultation sa politique intitulée Partenariat, Développement, Actions. Une entente conjointe appelée Engagement politique mutuel, convenue le 17 juin 2003, a engendré plus de frustration que de résultats positifs.

Mon explication de cette absence de résultats est que jamais les Premières Nations n'ont pu prendre l'initiative et assurer le leadership d'un tel exercice de mobilisation. La reconnaissance et la mise en oeuvre de nos droits fondamentaux ne connaissent aucun développement significatif, malgré de nombreux jugements d'interprétation favorables de la Cour suprême du Canada depuis plus de 20 ans.

Nous avons tous besoin d'un effort original d'imagination et de pragmatisme. Nous n'en sommes plus aux palabres et tergiversations, nous en sommes au courage d'agir concrètement, ce qui est possible malgré certaines relations litigieuses.

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Le Devoir, mardi 17 octobre 2006
Renforcer nos convergences

Je ne suis pas assez naïf pour penser que notre relation générale entre les Québécois, les Québécoises et les Premières Nations est sous le signe de l'harmonie universelle. Je suis conscient des tensions et des litiges qui existent concernant plusieurs questions.

À titre d'exemple, je ne citerai que les droits territoriaux, le maintien de l'ordre et la sécurité publique sur nos territoires, la planification, l'aménagement et l'exploitation du territoire, la décentralisation régionale, les perspectives de souveraineté, l'intégrité du territoire, le statut de réserve indienne, nos droits de pratique d'activités traditionnelles, notre droit à l'autonomie de gouvernance et notre contexte fiscal.

Ce sont là des sujets importants d'incompréhension et de désinformation qui polluent périodiquement nos relations, de même que les ondes et les lignes de plusieurs médias.

Au cours des dernières années, nous avons honnêtement tenté de trouver des solutions à ces objets de litige en mettant en place un conseil conjoint des élus du Québec et des Premières Nations. Cette initiative n'a pas donné les résultats escomptés, et nous en sommes probablement tous en partie responsables. À notre avis, les conjectures politiques québécoises et le manque d'intensité de la volonté politique conséquente y sont pour beaucoup.

Pour avoir vu neiger depuis bien des lunes, je suis personnellement convaincu que, pour faire évoluer positivement notre relation et pour changer la situation, une révolution tranquille des mentalités est nécessaire. Cela exige une bonne dose de courage politique, une préoccupation de justice historique envers nos peuples, un minimum d'imagination, le respect de nos priorités et une approche consensuelle et surtout pas paternaliste. Cela est vrai pour tout parti ou personne politique que ce soit.

Développer l'autochtonisme

L'existence de nos incompréhensions mutuelles ne veut cependant pas dire que nous ne pouvons pas discuter et nous entendre sur le terrain concernant des partenariats concrets. Le juge Jean-Charles Coutu conçoit le mot «partenariat» comme impliquant l'abandon du pouvoir que l'un a sur l'autre, et c'est comme ça qu'il faut le voir.

Il existe des exemples positifs de relations réussies. Les mariages mixtes entre les membres de nos peuples sont nombreux, plusieurs partenariats économiques sont des succès, le partage de services en éducation et en santé sont courants, des approches pénales différentes et positives sont tentées par plusieurs juges, les centres d'amitié autochtones sont des points de rencontre et d'événements constructifs entre nous et plusieurs festivals populaires nous réunissent.

Si l'on veut réduire nos divergences et renforcer nos convergences concrètement dans les dossiers que j'ai nommés antérieurement, cela veut dire que le Québec et le Canada doivent développer ce que l'humaniste et géographe Louis-Edmond Hamelin a nommé l'«autochtonisme». Ce principe consiste simplement à ce que le Québec et le Canada soient ouverts à nous, à notre différence et qu'ils consentent à convenir avec nous des règles du jeu.

Notre avenir nous appartient, ce ne sont pas les gérants d'estrades qui vont décider à notre place. Nous avons probablement de notre côté à faire notre examen de conscience et à remettre en question les impacts populaires négatifs au Québec et au Canada de nos discours les plus radicaux.

Le partenariat entre nos peuples consiste bien sûr à renforcer notre amitié dans le respect mutuel, mais il faut éviter la mièvrerie. Il nous faut communément assumer les aspects problématiques de nos relations issues du contexte historique et politique autochtone-québécois. Accepter la charge problématique de nos enjeux communs, c'est faire preuve de maturité, c'est faire avancer une relation qui stagne. Des amis peuvent atteindre une qualité supérieure de relations s'ils savent reconnaître et prendre en compte leurs défauts mutuels.

Nous avons de nombreux devoirs à faire dans notre propre cour. Les différences de culture, de langue et de développement sont importantes entre les Premières Nations. Même si notre solidarité comme peuples autochtones est solide, notre unité politique est fragile et nos approches du développement sont encore peu concertées. Le Forum socioéconomique des Premières Nations, qui se tiendra du 25 au 27 octobre 2006 à Mashteuiatsh, est donc le moment pour nous d'arrimer nos moyens d'action et de mettre en commun nos ressources.

Démystifier des préjugés tenaces

Nos peuples sont prêts à envisager l'autonomie gouvernementale pour remplacer la tutelle actuelle de la Loi sur les Indiens. Un statut constitutionnel que nous jugerions valable pourrait remplacer le statut actuel des réserves indiennes qui nous apportent autant d'inconvénients que d'avantages.

Nous sommes disposés à négocier un encadrement strict des avantages fiscaux actuels ou même à y mettre fin, dans la mesure où nous aurions accès à un régime fiscal autonome et à des revenus compensatoires de nos terres traditionnelles.

Nous avons tout autant besoin d'autonomie en matière d'éducation que de redressement dans la façon de gérer certaines de nos institutions en vue d'optimiser la qualité de l'instruction et de combattre le décrochage scolaire. Nous avons besoin de mettre en place des mesures d'éducation populaire pour vaincre l'obésité et le diabète endémique de nos communautés. Nous avons besoin de formation et d'économie pour combattre le désoeuvrement.

Nous avons encore besoin pour un certain temps d'exercices collectifs et individuels de guérison pour éliminer les séquelles négatives des pensionnats indiens, les abus de drogues et d'alcool et les violences qui s'ensuivent. Nous avons besoin d'une justice efficace qui nous ressemble et qui protège nos sociétés. Nous sommes solidaires et nous voulons être actifs concernant les revendications des femmes autochtones du Québec de la même façon que nous appuyons la lutte du mouvement mondial des femmes contre la pauvreté et la violence.

Certains nous reprochent de coûter cher à l'État. Cela doit être relativisé considérant que nous devons assumer, sans revenus de taxation et dans un marché immobilier inexistant, les responsabilités de l'habitation, des terres, des immeubles, de l'éducation, de la santé, des services sociaux, du développement social, du développement économique, de la culture, de la langue, de l'environnement, des activités traditionnelles, etc.

Cependant, cette affirmation sera d'autant plus vraie que nos communautés continueront d'être pauvres et sous-développées et qu'elles bénéficieront obligatoirement de paiements de transferts gouvernementaux. Seul notre véritable développement social et économique changera cet état de fait.

Un immense rattrapage se traduisant en investissement est aussi nécessaire pour nous doter de logements convenables et suffisants, pour obtenir des infrastructures décentes et pour combler nos besoins de formation de tous ordres.

Un bel exemple d'inertie est celui de la stratégie de formation professionnelle que nous avons élaborée et à laquelle le gouvernement canadien ne donne pas suite depuis près de 10 ans. Notre Conseil en éducation des Premières Nations propose des gestes concrets qui ont été concertés chez nous, mais qui sont ignorés par les autorités gouvernementales.

Les constats et les recommandations sont faits dans la plupart des dossiers depuis longtemps, il s'agit maintenant essentiellement de passer de la parole aux actes.

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Le Devoir, mercredi 18 octobre 2006
Les paramètres essentiels d'un plan d'action Québec-Canada-Premières Nations

Je suis convaincu que l'a b c de la nécessaire révolution douce de nos relations commence par l'acceptation par les Québécois des prémisses suivantes.

- Les Québécois ne sont pas seuls sur le territoire et n'en occupent qu'une mince partie urbanisée; les Premières Nations vivent aussi sur ce même territoire, ils y sont chez eux depuis des millénaires, ils connaissent et occupent l'immensité de ce territoire et ils l'aiment. Le territoire non urbanisé n'est pas le Klondike des villes du Sud mais le coeur de nos pays autochtones, le terroir de nos langues et de nos cultures.

- Le Québec détient des droits constitutionnels sur le territoire, les peuples autochtones aussi, et ces deux réalités sont reconnues dans la même constitution canadienne. Ce n'est pas parce que certaines de nos communautés sont métissées que ces droits n'existent plus. Les titres fonciers des Québécois ne sont pas lessivés par le métissage de leur société, pas plus que les nôtres.

- Les plus hauts tribunaux canadiens et le régime juridique global ont reconnu l'existence des droits ancestraux, du titre aborigène et des droits de traité. Même si l'application de ce constat doit être modulée par des analyses historiques et territoriales, cet état de fait est incontestable.

- Il faut dépasser les préjugés courants et les perceptions tordues sur nos réalités et aller au fond des choses. Le principal mythe à détrôner est celui selon lequel les autochtones coûtent cher à l'État, plus cher que les autres citoyens. La réalité est tout autre.

En 2004, nous avons publié une étude professionnelle sur cette question, dont la principale conclusion est que les Premières Nations ne reçoivent pas un financement particulier supérieur à celui de chaque Canadien. Au contraire, les Canadiens obtiennent des services des gouvernements fédéral, provinciaux et municipaux au moins deux fois supérieurs à ceux offerts aux Premières Nations. Celles-ci se classent parmi les communautés canadiennes les plus pauvres, et cet écart ne se réduit pas avec les années dans un contexte de forte natalité.

Nos devoirs à faire

Même si nos peuples détiennent des droits territoriaux, ils partagent leur pays et ils continueront à le partager; ils n'accepteront jamais de se faire déposséder et ils feront de plus en plus valoir leurs droits.

Par-delà le débat des droits se profile l'enjeu difficile du développement. Les régions du Québec ont les mêmes défis économiques et sociaux à relever que nos Premières Nations. La différence entre nous réside dans le fait que les régions se vident de leur jeunesse alors que la jeunesse autochtone est en croissance exponentielle et demeure sur place.

La structure d'âge de nos populations étant extrêmement jeune, on se doit de créer rapidement de nombreuses occasions d'emploi. Nous n'avons pas le droit de sacrifier au désoeuvrement cette génération de main-d'oeuvre potentiellement active et créatrice.

Nous avons la lourde tâche de préciser une vision commune et unifiée du développement. Le développement social est intimement lié au développement économique, ils sont comme des frères siamois. Le développement durable du Québec passe par le nôtre, il est semblable mais distinct. Votre société, votre environnement et votre économie ne trouveront une harmonie que dans une synergie avec les nôtres. Votre qualité de vie ne peut pas se bâtir à notre détriment mais en complémentarité avec nous.

Les programmes qui nous sont actuellement accessibles se situent toujours dans une approche coloniale. L'administration qu'on fait de ces programmes doit cesser d'être sectorielle, la main droite ignorant ce que fait la main gauche. Cela conduit au gaspillage des énergies et de l'argent de chacun. Le social, l'éducatif, le culturel, le politique et l'économique doivent être orientés vers une vision globale du développement. Il nous faut arrêter d'être complaisants, avec une vision infantilisante des réalités.

Nous avons à relever ensemble le défi de la mondialisation dans le respect de nos cultures spécifiques et de nos terroirs; les Québécois y sont assignés, les Premières Nations aussi.

Nous devons ensemble concilier des droits distincts et le droit à l'égalité en valeur et en dignité. Dans ce contexte, le concept d'égalité ne signifie pas similitude. Nous ne sommes pas et n'avons jamais été des citoyens canadiens et québécois comme les autres, car nous sommes des peuples autochtones et possédons des droits collectifs ancrés dans la terre de nos ancêtres.

Rien d'irrévocable

Notre bonne volonté commune ne suffira pas à relever les défis d'aujourd'hui et de demain si elle ne s'articule pas avec les structures sociales, politiques et économiques de nos sociétés fonctionnant en symbiose avec celles du Québec et du Canada. Le verdict de notre sous-développement n'est pas irrévocable, la suite des choses prendra la couleur qu'on voudra lui insuffler. Nous pouvons et devons relever ensemble le défi du développement.

Le moment est historique. La table est mise pour nos Premières Nations et nos partenaires afin d'ouvrir la voie à un avenir prometteur pour les jeunes, les familles, les aînés, les communautés et nos membres vivant en milieu urbain.

Le plan de match préliminaire que nous présenterons au Forum socioéconomique des Premières Nations se résume aux éléments suivants :

- nous assumerons avec plus d'efficacité ce qui relève de nos responsabilités en matière d'éducation populaire; le soutien et le partenariat sont bienvenus;

- les Premières Nations doivent faire partie intégrante de tout processus de consultation précédant l'élaboration d'un projet de loi, de réglementation, de politique et de programme les affectant et les résultats de ces consultations doivent être pris en compte selon un processus convenu;

- des fonds régionaux de développement économique doivent immédiatement être créés aux fins de partenariats entre autochtones et Québécois; ces fonds doivent être distincts du Fonds de développement pour les autochtones (FDA) existant, qui doit être reconduit pour les Premières Nations;

- dans une approche d'autonomie gouvernementale, les ministères provinciaux et fédéraux doivent développer, en concertation totale avec les organismes autochtones concernés, des programmes de partenariat favorisant l'amélioration des capacités de gestion des Premières Nations;

- les gouvernements doivent avoir le courage de financer sans autre délai et en concertation les besoins de rattrapage en matière d'infrastructures et de formation pour nos communautés;

- des stratégies locales de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale dans les communautés et les milieux urbains doivent être définies conjointement avec les organismes autochtones compétents et mises en application avec l'aide de l'État dans une approche de renforcement des capacités;

- aux fins des données nécessaires à la gestion de la situation, il est important qu'un institut de recherche et de statistique des Premières Nations soit créé;

- dans tous les dossiers, les organismes autochtones concernés doivent disposer en association du coffre à outils nécessaire à la prise en charge des solutions avancées, soit les compétences et l'autorité nécessaires dans le contrôle des règles du jeu, l'accès au financement nécessaire par voie de péréquation ou autrement, la participation aux décisions, l'accès aux savoirs et aux savoir-faire et la disposition des infrastructures pertinentes.

Il est maintenant temps de faire place aux quatre thèmes du Forum socioéconomique des Premières Nations : l'économie et l'emploi, la santé et les services sociaux, la culture et l'éducation, les infrastructures et le développement communautaire. Le forum n'a pas pour objectif la gestion des attentes des Premières Nations mais bel et bien le démarrage concret de notre développement. Il s'agit d'un départ en première vitesse, et nous aurons besoin de nous revoir pour les changements de vitesse ultérieurs.

Nous sommes peut-être dans la salle d'urgence de première ligne, mais nous voulons vivre une vie normale et de qualité à long terme.

Que le Créateur inspire nos travaux pour qu'ils produisent pour nous tous les fruits qui nourrissent les espoirs de nos peuples.

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Russel Bouchard, lundi 23 octobre 2006
Et si on commençait par dire la vérité !

Beaucoup de fébrilité ces jours-ci du côté de Mashteuiatsh, qui accueille (du 25 au 27 octobre) le Forum socio-économique des Premières Nations du Québec et du Labrador. Une première québécoise, qui permettra idéalement, aux quelque 500 délégués participants, de discuter de la réalité présente et de l'avenir de cette portion de l'autochtonie canadienne. Si cette rencontre tant attendue chez nous n'a pas l'heur de faire vaciller le petit train-train des Montréalais qui se demandent encore ce qu'ils ont bien pu faire au ciel pour qu'il leur tombe sur la tête le 30 septembre dernier, dans les régions ressources, où cette portion de l'humanité réclame comme il se doit « sa part du butin » tiré des ressources naturelles du pays (dixit le Grand-chef Gilbert Dominique), comprenons qu'elle (la rencontre) laisse plutôt dubitatifs les quelque trois millions de régionaux qui sont présentement aux prises avec l'effondrement de leur propre univers socio-économique.

Dans leurs présentations, les chefs indiens et leurs agents de relations publiques, qui ont été à bonne école il faut dire, ne se lassent pas d'étaler les malheurs de la modernité auxquels leurs peuples sont confrontés, il est vrai, comme jamais auparavant (analphabétisme, alcoolisme, violence conjugale, pauvreté, démotivation et inactivité physique). Il faut «démystifier des préjugés tenaces», «développer l'autochtonisme», «réduire nos divergences» et «renforcer nos convergences», demandent, dans sa flamboyante harangue d'ouverture, M. Ghislain Picard, le Chef régional de cette auguste assemblée (Le Devoir, 17 oct.). «Il faut dépasser les préjugés courants et les perceptions tordues sur nos réalités», «le temps de la franchise est venu» (Le Devoir, 16 oct.), dit-il encore, fort des chiffres d'un dernier sondage qui mériterait d'être questionné par le bon bout de la lentille, c'est-à-dire en dehors de l'île de Montréal qui est bien loin des préoccupations des populations périphériques (Le Quotidien, 14 oct.).

Selon ce qui ressort des données statistiques étalées jour après jour et à grand déploiement de publicité dans tous les journaux francophones du pays, il y aurait donc présentement, au Québec, 82 824 autochtones, dont 72 770 Indiens et 10 054 Inuits. Pardonnez-moi d'être un peu rabat-joie, mais ces chiffres officiels, qui sont ceux fournis par le Gouvernement du Québec, sont loin de traduire la réalité prenante et minent la crédibilité de ceux-là mêmes qui les produisent et les propagent. Si «le temps de la franchise est venu», comme dit l'espérer le chef Picard et si ces mots ne sont pas que du vent, il faut alors souligner que les chiffres soumis par le gouvernement du Québec diffèrent sensiblement de ceux fournis par «Statistique Canada» (qui sont de loin les plus crédibles et les plus éprouvés) : les chiffres soumis ce matin par le gouvernement du Québec sont biaisés et inconsistants ; ils font l'affaire de ce gouvernement et des Indiens qui refusent de voir la réalité autochtone telle qu'elle se présente au Québec, c'est à dire en prenant soin de noter nommément et quantitativement l'existence réelle du peuple Métis contre lequel il (l'État du Québec) est du reste appelé à rendre des comptes d'ici peu devant les tribunaux.

La situation présente, la réalité de l'autochtonie québécoise et l'âpre lutte que mène le Peuple Métis de la Boréalie pour sa propre reconnaissance, exigent de vibrants et ponctuels démentis. Bien que mon livre («La longue marche du Peuple oublié...») ne soit pas encore officiellement lancé (il le sera le 28 octobre, à l'hôtel Le Montagnais, à 10 h.), je me permets de déroger exceptionnellement à mes propres habitudes afin d'établir, au départ, les règles du jeu qu'on nous fait subir sur la foi des chiffres les plus éprouvés. Au lecteur de se faire une idée...

Selon les projections établies par Statistique Canada, en 2001, le Québec comptait déjà, à cette date, 16 600 Métis dûment enregistrés au fédéral. Cela étant, faut-il se surprendre que le Gouvernement du Québec rabaisse alors aujourd'hui à 72 770 sa population indienne (qu'il n'a de cesse de confondre avec «autochtone») et qu’il évite de faire état de sa population métisse (!?!) bien qu’il (le ministre Kelley) avoue dans des publications et lettres officielles en avoir sur son territoire. Comme mesure de mauvaise foi d’un gouvernement provincial à l’égard de l’un de ses principaux peuples fondateurs, impossible de faire mieux et cela mérite d’être souligné pour qu’on comprenne bien à quel point il nous est difficile de travailler à l’exécution d’une saine justice concernant les minorités collectives vivant sur ce territoire !

Ainsi donc, comme c’est toujours le cas dans l’histoire de la colonisation d’un peuple par une puissance colonisatrice, ici comme ailleurs les maîtres qui s’imposent ont récupéré tous les moyens pour avoir raison sur nous jusqu’à la fin des temps. À commencer par celui de légitimer et légaliser leurs manquements au nom d’une nécessité commune, alors que, d’autre part, ces déshérités ne disposent d’aucun outil pour faire valoir leurs droits naturels et protéger le caractère de leur authenticité.


Russel Bouchard
Métis et historien

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Russel Bouchard, mercredi 25 octobre 2006
Le ministre Kelley a perdu une belle occasion de paraître plus grand que nature!

La presse du Québec en fait largement état depuis plus d'une semaine, la communauté indienne de Mashteuiatsh (environ 2 400 habitants) reçoit du grand monde, dans le cadre du Forum socio-économique des Premières Nations qui se déroule (du 25 au 27 octobre) à un jet de pierre de la ville de Roberval «on the Lake St John!» Une première au pays!

Dans l'esprit du chef Ghislain Picard (APNQL) et des organisateurs, ce forum est jugé d'une importance capitale pour l'avenir des peuples «autochtones» du Québec (je dis bien «autochtone»), car il s'agit là de discuter, en primauté, de l'avenir socio-économique de ces gens qui, n'a-t-on de cesse de nous le répéter, étouffent dans leur petit monde de réserves qui déborde de tout bord tout côté vers la ville qui n'est décidément pas outillée pour les y accueillir. L'affaire est en tout cas prise très très au sérieux par le premier ministre du Québec, Jean Charest, et par le ministre fédéral des Affaires indiennes, M. Jim Prentice, qui ont accepté de se déplacer ici pour coprésider l'événement avec M. Picard, alors que l'effondrement de l'industrie forestière n'a pu attirer le premier ministre dans nos murs, bien que le Saguenay–Lac-Saint-Jean contribue pour 25% de la matière ligneuse utilisée au Québec!

Appelé à répondre aux questions de l'animatrice Myriam Ségal sur les ondes de la radio locale de CKRS qui lui demandait (à 12h. 21, le 24 octobre) «pourquoi ne pas avoir associé les associations de Métis», le ministre délégué aux Affaires autochtones du Québec, M. Geoffrey Kelley, a sèchement répondu que, «pour le moment, la position du gouvernement du Québec, [est qu']il n'y a pas de communauté métisse. Et je souligne communauté métisse au Québec». Pour être bien sûr qu'il allait être bien compris et bien cité, et pour répondre à l'animatrice qui lui demandait alors s'il se rendait bien compte «de la gifle» qu'il venait «de servir à pas mal de monde dans notre région», M. Kelley a renchérit en soutenant qu'il n'y avait pas de communauté métisse à Chicoutimi et que «les bâtisseurs de la communauté de Chicoutimi étaient avant tout les personnes qui arrivaient de Québec, de Montréal, et d'autres régions du Québec», et qu'il fallait s'en tenir à la jurisprudence du jugement Powley disant qu'une communauté métisse distincte doit avoir des «racines loin dans le passé, et [que] la position officielle du gouvernement du Québec, c'est pas nouveau, est de, toujours, que ces communautés métisses n'existent pas au Québec».

C'est là l'essentiel du propos du Ministre Kelley, et je ne crois pas avoir contrevenu aux règles de l'art de la citation par la manière de le présenter. Il n'en fallait pas tant pour soulever l'ire des membres de la Communauté métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan, qui se démènent depuis des mois et des mois, sans aide gouvernementale aucune, dans l'espoir de faire reconnaître, par les rouages de la démocratie, leur droits inaliénables à la vie, dont celui, fondamental, de la reconnaissance par ceux-là même qui sont constitutionnellement tenus de les protéger (entendons les gouvernements supérieurs). Un non sens, qui me porte à dire que M. le Ministre a perdu une bonne chance de paraître plus grand que nature, qu'il est totalement déconnecté de la réalité socio-politique et historique nous concernant, et qu'il est complètement dans le champ en ce qui concerne à la fois la jurisprudence de la Cour suprême du Canada et l'histoire de Chicoutimi, le berceau historique et culturel du Peuple Métis de la Boréalie québécoise.

Pour un ministre qui a déjà été membre de la Commission de la culture (1994-1998), historien et anglophone en sus, l'énormité de la chose est d'autant décuplée qu'il me faut prendre le temps de lui rappeler la lourdeur conséquente de son propos public et sa totale méconnaissance de l'histoire de Chicoutimi. Cela étant, je lui répondrai d'abord en vertu des charges qui lui sont conférées dans son mandat de haut-fonctionnaire rattaché aux dossiers des communautés culturelles qu'il a un impérieux devoir de retenue et de réserve quand il est question d'une minorité ethno-culturelle qui réclame du reste son aide et sa protection, d'autant plus qu'il est déjà tenu de représenter son propre ministère dans au moins deux causes judiciaires où il est pris à partie par notre communauté pour avoir bafoué nos droits et contrevenu aux jugements de la Cour suprême du Canada en vertu du jugement Haïda (pour ne nommer que celui-là).

Pour deux, M. l'historien qu'il dit être devrait alors savoir qu'en histoire il est une vérité de La Palisse de dire qu'on ne peut prouver l'inexistence d'une chose puisqu'elle est sensée ne point avoir existé. Avant de proférer des sottises à la radio locale, M. le Ministre aurait dû être également mis au courant par ses professionnels de tout ce qui s'est écrit sur le sujet depuis deux ans, à l'effet que la localité de Chicoutimi a été justement fondée par le père des Métis de la Boréalie, Nicolas Peltier qui est arrivé chez nous en 1671 et qui y est mort en 1729 après avoir essaimé et mis au monde les premières bases du peuple Métis ; que les Métis étaient là, en 1842, lorsque le Métis chicoutimien Peter McLeod est venu y ouvrir une scierie ; qu'ils étaient là en 1851, lors du premier Recensement fédéral, et qu'ils y sont encore aujourd'hui, plus vivants que jamais. Et il faut de suite le rétablir sur le chemin de la vérité en lui apprenant que les colons qui sont venus s'établir dans notre suite, à partir de 1842, ne viennent ni de Québec ni de Montréal comme il l'a erronément affirmé sur les ondes, mais de Baie-Saint-Paul, de La Malbaie, de Saint-Urbain et des environs de Charlevoix.

Pour trois (le jugement Powley et la Cour suprême), M. le Ministre aura l'occasion, à compter de samedi prochain, jour du lancement officiel du livre « La grande marche du Peuple oublié », de bien apprécier toutes ses errances à ce sujet. Il pourra apprendre que le jugement Powley ne dit pas ce qu'il dit y avoir lu, qu'il est une suite des jugements Van der Peet et Delgamuukw, que la Commission royale d'enquête sur les peuples autochtones du Canada (1996) soutient le contraire de ses assertions, et qu'il devra lui-même, devant l'histoire et au regard du jugement Haïda (2004), reconnaître ce que nous sommes et s'excuser de nous avoir si inélégamment insulté sur la grande place publique.

Pour quatre, je comprends qu'à travers la voix du Ministre, c'est l'esprit d'un conquérant qui s'est exprimé, et cela il faut de suite lui dire que nous n'en sommes pas à une gifle près au visage qui nous est assénée par cette sorte de monde. Si M. le Ministre voulait semer une commotion et susciter le réveil chez Nous, son voeu est exaucé. Nous n'apprécions pas ! Mais alors là pas du tout...


Russel Bouchard
Métis et historien

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Russel Bouchard, mercredi 1 novembre 2006
Cachez ce Peuple que je ne saurais voir !

Gérard Bouchard et le « piège idéologique »
par Richard Harvey

Il aura donc fallu plus de six années au professeur Gérard Bouchard, de l’UQAC, pour comprendre enfin, dans la foulée du retentissant sommet des Premières Nations du Québec, le sens profond et intime des revendications autochtones énoncées clairement par le grand chef M. Ghislain Picard au soir de ce sommet historique. Six années donc au cours desquelles ce père de «l’histoire sociale» – celle qu’on invente en fonction des objectifs sociopolitiques et économiques poursuivis – a entretenu et alimenté de toutes ses lubies et errances un discours idéologique proprement erroné et fort mal documenté sur la question. Il se dit donc aujourd’hui, déçu de cette radicalisation (sic) du discours innu.

D’autre part, il fustige du même souffle les Métis en qualifiant leur démarche et leurs objectifs de nébuleux et sans fondement. Ce dernier devrait donc profiter de cette soudaine «lucidité» qui l’affecte pour comprendre, une bonne fois pour toute, que, premièrement, les objectifs, les motifs et les conséquences des démarches qui s’inscrivent dans la mouvance métisse actuelle sont les mêmes que celles des Innus et des Premières Nations; indubitablement les mêmes.

Deuxièmement, que cette mouvance des Métis s’inscrit essentiellement dans un cadre juridique qui échappe à tout discours idéologique ou politique et qu’en conséquence, lui et beaucoup d’autres devront en débattre seuls sur la place publique, ne leur en déplaise.

Troisièmement, ils devront lui et d’autres aussi, s’ajuster à la réalité constitutionnelle canadienne car ce ne sont ni eux, ces idéologues institutionnalisés, ces politiciens et lobbyistes ignorants et hypocrites ou encore ces pseudo-vedettes médiatiques qui règleront la question des droits des Métis, mais bien des juges qui baseront leurs décisions sur le droit jurisprudentiel canadien en matière autochtone. Quelle victoire pour la justice et la dignité!

Quatrièmement, si le professeur Bouchard reconnaît de lui-même que plus de la moitié de la population du Lac-St-Jean-Saguenay-Côte-Nord est métissée, il lui faut reconnaître à fortiori leurs prétentions. Imaginez donc pour finir, si tout ce beau monde joignait les rangs de la Communauté Métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan, la force que nous aurions pour réaliser enfin ce pays souhaité. Un pays autochtone certes; ensembles, Innus, Métis et Canadiens français nous réaliserions ce pays et réussirions, là où ces fossoyeurs de peuples ont lamentablement échoué.
C’est la grâce que je nous souhaite pour le mieux être de TOUS!

Richard Harvey, Métis
L’ascension de N.S
2006-11-01

MISE EN SITUATION :
Invité par le Conseil de Presse du Saguenay à se prononcer sur les actuelles revendications de la Communauté métisse du Domaine du Roy et de la Seigneurie de Mingan eu égard à la chaise qu'ils revendiquent à la table des négociations sur l'Approche commune, le professeur Gérard Bouchard se demande comment cela pourrait se faire (?). « Qu'est ce qu'on entend par Métis ? Est-ce quelqu'un qui se trouve à un moment donné un ancêtre amérindien ou à la quatorzième génération ? » Selon la lecture qu'il donne au jugement Powley, il ne peut y avoir de communauté métisse historiquement reconnue au Saguenay–Lac-Saint-Jean, « sinon on pourrait quasiment dire que la moitié de la population est Métisse ».

Voilà qui devrait faire plaisir au ministre délégué aux Affaire autochtones du Québec, Geoffrey Kelley, au sénateur d'origine ilnut, Aurélien Gill, au chef Gilbert Dominique, à Rémy Kurtness, aux négociateurs gouvernementaux, aux avocats des Ilnutsh et au ministère de la Justice du Québec qui vient justement de verser 142 500 $ de bel argent neuf à des universitaires de haut calibre afin de pouvoir en juger sur la foi de l'histoire, de la géographie historique, de l'ethnologie et d'un art d'interprétation tout à fait nouveau chez nous, l'ethnogenèse (en espérant que ces derniers leur fournissent les moyens d'infirmer notre existence et notre présence).

Après avoir fait périr les Canadiens français dans sa fabuleuse « nation civique franco-québécoise » (VLB, 1999) ; après s'être attaqué jusqu'à ce mort s'ensuive à la « mémoire trop longue des Canadiens français » (Boréal, 1999 : 49) ; après avoir clairement notifié qu' « il y avait tout un travail de déconstruction à faire dans l'oeuvre » (Boréal, 1999 : 127) de nos poètes et historiens qui ont chanté haut l'esprit de la nation canadienne française ; et après avoir annoncé qu'il était en train de « réécrire l'histoire des Ilnutsh » (à ses yeux, ce sera donc la seule histoire valable !), voilà donc que le professeur Bouchard (Gérard !) tourne ses canons en direction des Métis de son propre Pays ! Si les explications de Bouchard (Gérard !) manquent de limpidité et de vision dans ce dossier de recherches où il vient tout juste de débarquer, cela ne veut pas dire pour autant qu'il faille le laisser tirer sa révérence sans le saluer avec une salve mesurée.

Sur le fond de cette affaire, Bouchard (Gérard !) ne nous apprend rien que nous ne sachions déjà, si ce n'est qu'il confirme du haut de sa chaire qu'il se trouve bel et bien, au Saguenay–Lac-Saint-Jean–Côte-Nord, tout près de 50% de Métis. Cinquante pour cent, c'est environ 180 000 personnes. Cela dépasse notre propre estimation ! Mais enfin ! Si l'affaire vient de Si-Haut et si le journal Le Quotidien prend le temps de le dire, c'est donc que ça doit être vrai à quelque part. 180 000 Métis ! S'il n'y a pas de quoi faire une Nation comme on dit au Canada, c'est plus qu'il n'en faut pour faire une seule communauté et il y a là certainement de quoi faire un peuple ou deux...


Russel Bouchard
Métis et historien

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