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KANESATAKE
Radio-Canada, lundi 11 décembre 2006
Allégations troublantes

Le Droit, Ottawa-Gatineau, mardi 12 décembre 2006
Un arsenal de 60 000 $ aux mains des Mohawks

La Presse, Ottawa, mardi 12 décembre 2006
Kanesatake: une quinzaine d'armes ont disparu



Radio-Canada, lundi 11 décembre 2006

Kanesatake
Allégations troublantes

Un rapport comptable confidentiel sur la crise qu'a traversée la communauté mohawk de Kanesatake, en janvier 2004, et dont Radio-Canada a obtenu copie, indique que le ministère fédéral de la Sécurité publique aurait contourné les règles administratives du Conseil du Trésor pour financer l'opération policière.

À l'époque, sous l'ancienne administration libérale, le grand chef James Gabriel avait réussi à faire débloquer une somme de 900 000 $ dans le but de combattre la criminalité dans sa communauté.

L'aventure a mal tourné: les 67 policiers ont été pris en otage par la population locale et la maison du grand chef Gabriel a été incendiée. Depuis, plus de 5,5 millions de dollars ont été dépensés par les gouvernements dans cette opération.

Daté du 8 novembre, le rapport d'étape de la firme Samson et associés, commandé par le ministre fédéral de la Sécurité publique, Stockwell Day, révèle que les règles de saine gestion financière ont été bafouées non seulement par l'ancien grand chef du Conseil de bande, mais aussi par le ministère fédéral de la Sécurité publique. Ce dernier avait été prévenu par la Sûreté du Québec, en décembre 2003, que l'intervention policière réclamée par James Gabriel était mal préparée et vouée à l'échec.

Les règles du Conseil du Trésor indiquent qu'on ne peut dépenser une somme d'argent pour une opération qui a peu de chance de réussir.

Le rapport comptable conclut que les contrôles financiers mis en place étaient déficients et montre du doigt les hauts fonctionnaires de la Sécurité publique. Il souligne aussi que les fonctionnaires du ministère des Affaires indiennes acceptaient de payer des dépenses qui n'avaient pas été approuvées préalablement, contrevenant encore aux règles du Conseil du Trésor.

Le rapport nous apprend enfin que les administrateurs de la firme comptable PriceWaterhouseCoopers, qui assuraient la tutelle administrative du conseil de bande, «n'ont pas collaboré entièrement avec les enquêteurs de la firme Samson et associés mandatés pour faire cette enquête».

L'ancien chef du conseil de bande James Gabriel maintient que toutes les dépenses ont été approuvées par Ottawa et Québec. Par contre, l'actuel grand chef, Steven Bonspille, réclame une enquête publique sur toute cette affaire. Le dossier est toujours à l'étude au cabinet de Stockwell Day, où on indique que le ministre n'a pas écarté la possibilité de confier à la GRC le mandat de faire enquête.

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Le Droit, Ottawa-Gatineau, mardi 12 décembre 2006

Un arsenal de 60 000 $ aux mains des Mohawks

Des armes achetées par l'ancien service de police de Kanesatake avec des fonds fournis par le gouvernement fédéral ont bel et bien disparues, confirme un rapport d'une firme indépendante et que La Presse a pu consulter.

Hugo de Grandpré
La Presse

Ces armes, deux fusils d'assaut Beretta, sept pistolets Glock et six fusils à décharge électrique Taser, entre autres, devaient être gardées chez un armurier de Drummondville. Or, entre la date de leur achat, vers 2003, et aujourd'hui, une quinzaine d'entre elles se seraient volatilisées.

C'est ce que constate Jean Pierre-Godbout, de la firme Samson & Associés, que le ministre fédéral de la Sécurité publique, Stockwell Day; a chargé d'enquêter sur des allégations de mauvaise gestion et de dilapidation des fonds publics par l'administration libérale.

Selon des documents obtenus par La Presse en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, le gouvernement fédéral a versé plus de 60 000 $ pour l'achat de ce matérieL Le rapport confirme cette information.

Silencieux, bombes lacrymogènes, armes destinées aux tireurs d'élite… Il appert de tous ces documents que l'escouade de 67 hommes, mise sur pied par l'ancien grand chef James Gabriel en 2003 se préparait pour une véritable invasion terrestre pour ramener la paix et l'ordre dans la réserve, avec la bénédiction des deux paliers de gouvernement.

Or, M, Godbout souligne que plus de la moitié des policiers sensés manipuler ces armes n'avaient pas été formés à cet effet.

Des courriels échangés entre des fonctionnaires fédéraux du ministère de la Sécurité publique, remis à La Presse, démontrent que ceux-ci étaient au courant de la situation depuis décembre 2005 au moins. «En aucun cas, un corps de police communautaire comme celui-ci n'aurait du être en possession de certaines de ces armes», écrivait à cette date un collaborateur du Ministère à une haute fonctionnaire, Chantal Bernier.

L'équipement est aujourd'hui sous la supervision de Clarence Simon, un conseiller du grand chef Steven Bonspille. Celui-ci porte le titre de « détenteur du portefeuille des armes» pour le territoire autochtone.

Hier, il a vertement critiqué les conclusions de la firme de consultants en gestion, les qualifiant de «tendancieuses». M. Simon affirme que toutes les armes ont été retrouvées et qu'elles sont entreposées en lieu sûr, jusqu'à ce qu'un corps policier puisse être reformé sur le territoire.

MAUVAISE GESTION

La Police mohawk de Kanesatake (PMK) a été démantelée en 2004, à la suite de perturbations dans le village autochtone.

À la fin de l'année 2003, les gouvernements provinciaux et fédéraux avaient subventionné une opération policière de l'ancien chef James Gabriel, qui souhaitait reprendre le contrôle du village, qui selon lui était tombé sous le contrôle de bandes criminelles.

Sa tentative, en janvier 2004, a lamentablement échoué lorsque le groupe a été pris en otage et que la maison de M. Gabriel a été incendiée. En octobre dernier, Radio-Canada révélait que 34 millions $ avaient été investis depuis deux ans et demi par les gouvernements fédéral et provincial dans la sécurité de la communauté mohawk voisine d'Oka. Cinq millions et demi auraient été directement investis dans l'opération policière, dont 900 000 $ provenant de la Sécurité publique du Canada.

En plus de pointer du doigt la disparition d'armes de gros calibre, le rapport de la firme Samson & Associés dénonce la gestion financière du projet et accuse certains hauts fonctionnaires d'avoir approuvé certaines dépenses sans garanties suffisantes de succès. Un rapport de décembre 2003 de la Sûreté du Québec mettait en garde contre une intervention policière mal préparée et vouées à l'échec, toujours selon Radio-Canada.

Autres éléments d'intérêt soulignés dans le rapport: les policiers de Kanesatake étaient parmi les policiers les mieux payés au Canada, révèle le rapport, avec un chef recevant plus de 200 000 $ non imposables pour un an de travail. De même, certaines armes auraient été directement achetées par la GRC ou la firme comptable Pricewaterhouse Coopers, tuteure du Conseil de bande à partir de mai 2003.

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La Presse, Ottawa, mardi 12 décembre 2006

Kanesatake: une quinzaine d'armes ont disparu

Hugo de Grandpré
La Presse
Ottawa

Des armes achetées par l'ancien service de police de Kanesatake avec des fonds fournis par le gouvernement fédéral ont disparu. C'est ce que confirme un rapport d'une firme indépendante, que La Presse a pu consulter.

Ces armes, deux fusils d'assaut Beretta, sept pistolets Glock et six fusils à décharge électrique Taser, entre autres, devaient être entreposées chez un armurier de Drummondville. Or, entre la date de leur achat, vers 2003, et aujourd'hui, une quinzaine d'entre elles se seraient volatilisées.

C'est ce que constate Jean-Pierre Godbout, de la firme Samson & Associés, que le ministre fédéral de la Sécurité publique, Stockwell Day, a chargé d'enquêter sur des allégations de mauvaise gestion et de dilapidation des fonds publics par l'administration libérale.

Selon des documents que La Presse a obtenus grâce à la Loi sur l'accès à l'information, le gouvernement fédéral a versé plus de 60 000 $ pour l'achat de ce matériel. Le rapport confirme cette information.

Silencieux, bombes lacrymogènes, armes destinées aux tireurs d'élite Il ressort de tous ces documents que l'escouade de 67 personnes mise sur pied par l'ancien grand chef James Gabriel en 2003 se préparait à une véritable invasion terrestre pour ramener la paix et l'ordre dans la réserve, avec la bénédiction des deux ordres de gouvernement.

Or, M. Godbout souligne que plus de la moitié des policiers censés manipuler ces armes n'avaient pas été formés pour cela.

Des courriels échangés entre des fonctionnaires fédéraux du ministère de la Sécurité publique, et remis à La Presse, démontrent que ceux-ci étaient au courant de la situation depuis décembre 2005 au moins. «En aucun cas, un corps de police communautaire comme celui-ci n'aurait dû être en possession de certaines de ces armes», a écrit un collaborateur du Ministère à une haute fonctionnaire, Chantal Bernier.

L'équipement est aujourd'hui sous la supervision de Clarence Simon, un conseiller du grand chef Steven Bonspille. Celui-ci porte le titre de «détenteur du portefeuille des armes» pour le territoire autochtone.

Hier, il a vertement critiqué les conclusions de la firme de consultants en gestion, les qualifiant de «tendancieuses». M. Simon affirme que toutes les armes ont été retrouvées et qu'elles seront entreposées en lieu sûr jusqu'à ce que l'on puisse reformer un corps policier sur le territoire.

Mauvaise gestion

La Police mohawk de Kanesatake (PMK) a été démantelée en 2004, à la suite de perturbations dans le village autochtone.

À la fin de l'année 2003, les gouvernements provincial et fédéral avaient subventionné une opération policière de l'ancien chef James Gabriel, qui souhaitait reprendre le pouvoir au village, tombé selon lui sous la coupe de bandes criminelles.

Sa tentative, en janvier 2004, a échoué lorsque le groupe a été pris en otage et que la maison de M. Gabriel a été incendiée.

En octobre dernier, Radio-Canada a révélé que les gouvernements fédéral et provincial avaient investi 34 millions de dollars depuis deux ans et demi dans la sécurité de la communauté mohawk voisine d'Oka. Cinq millions et demi auraient été directement injectés dans l'opération policière, dont 900 000 $ provenant de la Sécurité publique du Canada.

En plus de signaler la disparition d'armes de gros calibre, le rapport de la firme Samson & Associés dénonce la gestion financière du projet et accuse des hauts fonctionnaires d'avoir approuvé certaines dépenses sans garanties suffisantes de succès. Un rapport produit en décembre 2003 par la Sûreté du Québec faisait une mise en garde contre une intervention policière mal préparée et vouée à l'échec, toujours selon Radio-Canada.

Autres éléments d'intérêt soulignés dans le rapport : les policiers de Kanesatake étaient parmi les policiers les mieux payés au Canada. Le chef recevait plus de 200 000 $ non imposables pour un an de travail. De même, certaines armes auraient été directement achetées par la GRC ou la firme comptable Pricewaterhouse Coopers, tutrice du conseil de bande à partir de mai 2003.

Un dossier épineux

À Québec, Montréal et Ottawa, personne parmi les corps policiers ou les ministères ne semble vouloir prendre la paternité du dossier, qu'on se renvoie sans cesse.

La SQ affirme que la question des armes n'est pas de son ressort puisqu'il n'y a eu aucune plainte. Pourtant, c'est la police provinciale qui est maintenant responsable du territoire autochtone.

Même réponse à la GRC, qui renvoie la balle à la SQ. Par ailleurs, d'après une source policière, le Service de police de la Ville de Montréal aurait enquêté et découvert l'ensemble des armes, ce que le porte-parole Laurent Gingras refuse de confirmer. Lui-même s'en remet au ministère de la Sécurité publique.

Au Ministère, tant au provincial qu'au fédéral, on refuse de faire des commentaires, au motif que le rapport n'est pas terminé. Le document, en effet, a été remis à plusieurs intervenants pour commentaires et ne devrait être rendu officiellement public qu'en janvier.

Steven Bonspille, l'actuel grand chef de la communauté de Kanesatake, réclame une enquête de la GRC. «C'est une question de sécurité publique, dit-il. Tous ces incidents regrettables et dangereux se produisent et on jurerait que personne ne s'en soucie.»

Avec Malorie Beauchemin

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