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Les Cris saluent l’accord avec Ottawa
La Presse, mardi 17 juillet 2007

Les Cris saluent l’accord avec Ottawa

Hugo Fontaine
La Presse


Billy Diamond et Matthew Coon Come, deux anciens chefs des Cris, et Matthew Mukash, grand chef des Cris, se sont réjouis hier en conférence de presse de l’entente avec Ottawa.
Photo Robert Mailloux, La Presse
«Nous ne pouvons plus blâmer les gouvernements. Nous devons assumer nos responsabilités et elles sont mises dans nos mains aujourd’hui.» C’est par ces paroles que l’ancien grand chef Ted Moses a commenté la «nouvelle relation» entre le gouvernement fédéral et les Cris.

Le grand chef Matthew Mukash et le ministre fédéral Lawrence Cannon ont confirmé l’entente Canada-Cris, révélée dans La Presse d’hier, qui met fin à 30 ans de différends. Les Cris recevront 1,4 milliard de dollars et auront désormais plus de responsabilités dans la gestion de leurs communautés.

«C’est maintenant à la nation crie de s’assurer que ça fonctionne», a déclaré Ted Moses, qui avait signé la paix des Braves avec le gouvernement provincial en 2002.

«C’est un jour historique», a ajouté l’ancien grand chef. Ça se sentait en conférence de presse. En plus de MM. Mukash et Cannon, les négociateurs en chef Bill Namagoose et Raymond Chrétien, les chefs des neufs communautés cries de la Baie-James et des anciens grands chefs étaient présents.

Même si l’attente a été longue, les Cris étaient satisfaits de la stratégie privilégiée pour en arriver à une entente. «Vous n’avez pas à bloquer les routes ou les chemins de fer, a déclaré Ted Moses. Négocier, c’est être déterminé à rester à la table. C’est la seule façon de faire avec le gouvernement.»

Depuis 1984

Les discussions duraient depuis 1984. Raymond Chrétien, ancien ambassadeur du Canada à Washington, était le septième négociateur nommé par Ottawa. Les Cris ont salué son attitude. Selon son homologue cri Bill Namagoose, M. Chrétien est arrivé à la table avec la volonté ferme de régler les problèmes.

M. Chrétien attribue la réussite des négociations au climat de confiance qui prévalait entre le gouvernement et les Cris. «Le processus a été un exemple de négociations avec les Autochtones», a-t-il ajouté.

Le chef de la communauté de Whapmagoostui, Losty Mamianskum, était heureux que l’entente soit enfin signée. «C’est quelque chose que l’on attendait depuis 30 ans», dit le chef. Sa communauté, la plus nordique des neuf, est la seule à ne pas être reliée aux autres par la route. Elle manque aussi d’habitations. Il espère que la nouvelle entente permettra de régler ces problèmes.

Valide pour 20 ans, l’entente doit être ratifiée par référendum par les Cris. Cela devrait être fait à l’automne.

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Le Soleil (Québec), mardi 17 juillet 2007

Entente entre Ottawa et les Cris: le Canada «dans le bon chemin» (Landry)

Gilbert Lavoie
Le Soleil
Québec



Les artisans de l’entente : le chef négociateur pour les Cris, Bill Namagoose, le grand chef du Conseil des Cris, Matthew Mukash, le ministre Lawrence Cannon et le négociateur en chef pour le fédéral, Raymond Chrétien
La Presse, Robert Mailloux
L’ancien premier ministre du Québec, Bernard Landry, estime que le succès de la nation crie dans ses négociations avec Ottawa et Québec repose en partie sur sa capacité de se regrouper derrière un leadership fort.

«Ils ont un leadership extraordinaire, a déclaré M. Landry au Soleil. Quand tu es obligé de discuter village par village, ça ne marche pas, et de toute façon, je m’y serais objecté parce que le Québec n’est pas un village. Mais Ted Moses s’est comporté en chef d’une nation, et j’ai discuté avec un homme d’État.»

M. Landry a raconté que Ted Moses et lui avaient souhaité que la Paix des Braves, signée avec Québec en février 2002, soit une «entente exemplaire». Il estime que les faits leur ont donné raison, puisque le gouvernement fédéral vient d’emprunter la même voie. «Le Canada va dans le bon chemin.»

Au delà des considérations pécuniaires, c’est la réalité démographique des Cris qui a été au cœur de la motivation des négociateurs, a raconté M. Landry.

«Ils ont des enfants, ils ont des jeunes, et ça devenait de plus en plus complexe. Ces jeunes sont à l’Internet comme les autres, ils ont la télévision. Leur faire miroiter uniquement le mode de vie traditionnel, la chasse et la pêche, ça conduisait à la catastrophe. Alors, on a pensé donner un espoir à la jeunesse crie de participer à l’hydraulique, aux mines, à la forêt et au développement touristique du territoire.»

Deux principes

Selon lui, la négociation avec Québec a été possible parce que Ted Moses a établi deux principes de base au départ. Contrairement à certains de ses avocats ou conseillers qui soutenaient que le territoire cri appartenait aux Cris, le chef a reconnu que ce territoire était une juridiction commune de sa nation et du Québec.

Le deuxième principe de base a été établi par M. Moses lorsqu’il a dit : «Je ne suis pas Canadien, je ne suis pas Québécois, je suis Cri», a rappelé M. Landry.

«C’était justement ce que je voulais entendre. Les Cris ne sont pas des Québécois. C’est une nation qui partage une juridiction sur une partie du territoire québécois. Ça, c’était une très bonne base, et on a pu discuter par la suite.»

M. Landry a raconté qu’il s’intéressait à cette question depuis longtemps, et plus particulièrement lorsque les fédéralistes ont soutenu que les Amérindiens s’objecteraient à la souveraineté du Québec, en faisant valoir leurs droits sur le territoire. «Alors, vous comprenez qu’un accord d’une durée de 50 ans, ça règle cet aspect de la discussion.»



Le Soleil (Québec), mardi 17 juillet 2007

Entente entre Ottawa et les Cris: pour une gestion plus moderne

Patricia Sauzède-Bilodeau
Le Soleil
Québec



Deux anciens chefs des Cris, Billy Diamond et Matthew Coon Come, célèbrent l’accord annoncé hier en compagnie de l’actuel grand chef du Conseil des Cris, Matthew Mukash.
La Presse, Robert Mailloux
Grâce à la nouvelle entente conclue avec le gouvernement du Canada, la nation crie pourra moderniser son système de gouvernance et le mener jusqu’à Ottawa. Concrètement, le pouvoir des Cris s’étendrait à la justice, ainsi qu’au développement économique et social, toutes des compétences fédérales.

Neuf communautés forment la nation crie du Nord-du-Québec. Chacune d’elles a une voix à l’intérieur du Grand Conseil des Cris, qui, lui, négocie avec la province, au besoin.

«Il y a neuf communautés qui ont chacune une structure. Un conseil de bande, un chef, un vice-chef et quatre ou cinq conseillers», précise Sylvie Poudrier, conseillère au Secrétariat aux affaires autochtones.

À ce conseil s’ajoutent des comités pour les aînés et les jeunes. Puis, les chefs de famille, appelés maîtres de trappe, responsables de la terre, font également partie du processus. Bref, la liste de gens à consulter à chaque prise de décision est longue. «Chaque changement est exécuté après une consultation publique. Les gens sont très inclus dans le processus.»

Eux-mêmes

Plus d’autonomie, réclame donc la nation crie. «Les Cris veulent avoir une plus grande force régionale avec le Grand Conseil des Cris. Une seule force régionale, pour que le Conseil s’assoie et négocie au nom de tout le monde, ajoute Sylvie Poudrier. Dans le fond, ils veulent gouverner leurs affaires eux-mêmes.» C’est ce que le Grand Conseil des Cris fait déjà à Québec, en la personne du grand chef Matthew Mukash, explique chef de la direction et négociateur cri, Bill Namagoose.

«Négocier avec Ottawa est un pouvoir additionnel dans notre gestion. Nous avons déjà cette possibilité de négocier de cette façon avec le Québec, nous voulions avoir les mêmes accès au niveau du fédéral.» M. Namagoose souligne que le gouvernement fédéral n’aurait pas toujours fait ce qu’il avait promis dans le passé, en repoussant notamment l’aide pour la construction de centres communautaires.

«Avec cette entente de 1,4 milliard $, la seule du genre au pays, le gouvernement fédéral a donc l’obligation de verser l’argent. Il a mis des années à donner ce qu’il avait promis pour les centres, alors maintenant nous aurons l’argent et nous allons faire ce que nous avons à faire nous-mêmes.»



La Presse, lundi 16 juillet 2007

Ottawa fait sa «paix des Braves»

Hugo de Grandpré
La Presse

Le gouvernement fédéral a annoncé sa «paix des Braves», ce matin. Après plus de 30 ans de mésentente avec les Cris sur la mise en oeuvre de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois, les deux parties se sont finalement entendues.

La Presse a appris qu'Ottawa verserait plus d'un milliard de dollars sur quelques années à neuf communautés du nord du Québec, afin de régler différents litiges et de renforcer la gouvernance locale.

Lawrence Cannon, ministre des Transports et lieutenant de Stephen Harper au Québec, en a fait l'annonce à Montréal ce matin. Il était accompagné de Matthew Mukash, grand chef du grand conseil des Cris. Une source gouvernementale a qualifié l'entente d'historique. Elle l'a comparée à la «paix des Braves», signée par le gouvernement provincial de Bernard Landry en 2002 au coût de 4,5 milliards sur 50 ans.

En contrepartie, les Cris avaient abandonné les poursuites intentées en vertu de la Convention de la Baie-James et du Nord québécois (CBJNQ). «Selon les pouvoirs qui nous concernent, c'est aussi important. Absolument», a-t-elle dit.

Les Cris de la Baie-James ont signé la CBJNQ en 1975. Aucun accord de mise en oeuvre n'avait été négocié à cette époque. «Ils vont enfin implanter les obligations du gouvernement fédéral dans l'accord de la Baie-James», a expliqué cette source.

Cette nouvelle entente, dont la durée sera de 20 ans, devra être ratifiée par le grand conseil des Cris, après un référendum tenu auprès des quelque 14 000 membres des neuf collectivités concernées.

Justice et développement

Personne chez les Cris n'a voulu commenter la nouvelle hier. Tous ont préféré attendre la conférence de presse de ce matin. La Presse n'a pu obtenir de réaction de Raymond Chrétien non plus, nommé négociateur fédéral en 2004.

Selon des documents destinés à être distribués aux médias aujourd'hui, et obtenus par La Presse, l'entente résoudra les litiges entre les Cris du Québec et le Canada, quant aux responsabilités du gouvernement découlant de la CBJNQ.

«Les Cris du Québec assumeront les responsabilités fédérales ayant trait à l'administration de la justice et au développement économique», peut-on lire également. Ce développement porterait sur les centres communautaires, les services essentiels d'hygiène publique et de protection contre les incendies, etc.

Dans une seconde phase, les gouvernements du Canada et du Québec négocieraient une entente sur l'autonomie gouvernementale des Cris, afin de moderniser leur système de gouvernance. On envisage une Constitution crie et même un gouvernement de la nation crie.

Ce dernier point sera à surveiller, selon Sébastien Grammond, professeur de l'Université d'Ottawa et spécialiste du droit autochtone. «Les Cris ont signé la Convention à une époque où on ne parlait pas beaucoup d'autonomie gouvernementale, dit-il. Il en existe maintenant des modèles beaucoup plus évolué, entre autres au Yukon, chez les Nishgas. Là, la question sera de savoir: est-ce qu'on va mettre à jour le modèle du gouvernement des Cris.»

M. Grammond rappelle que la Convention de la Baie-James a été signée à une époque où le gouvernement québécois voulait libérer des terres pour la construction du complexe La Grande. Le document avait pour but de régler de vieilles revendications territoriales, en plus de conférer des pouvoirs distincts à une administration régionale crie.

Le Canada et le Québec avaient versé des indemnités de 225 millions de dollars aux Cris de la Baie-James et aux Inuits du Nouveau-Québec. Or, dès les années 80, des mésententes et litiges sont survenus quant à l'interprétation de l'accord. «Le deal d'origine de la convention, ce n'était pas juste du territoire contre de l'argent, précise le professeur. C'était du territoire contre de l'argent et des services. Et les services n'ont pas été donnés, ou en tout cas, pas au niveau où ils devaient l'être.»

Paix et communautés fortes

La paix des Braves était une entente sur la dérivation de la Rivière Rupert, la construction du complexe hydroélectrique Eastmain-Rupert et l'exploitation des ressources forestières. La CBJNQ était elle aussi destinée aux projets hydroélectriques. Que s'est négocié le gouvernement fédéral avec ce nouveau milliard?

La paix et la fin des poursuites judiciaires, affirme une source aux Affaires indiennes et du Nord du Canada. «D'avoir des communautés autochtones fortes qui se gouvernent elles-mêmes est bénéfique pour tous les Canadiens - autochtones ou non».

L'issue de cette nouvelle entente reposera donc entre les mains de la population crie elle-même. Interrogé sur la date de la tenue du nouveau référendum, Brian Craik, directeur des relations fédérales au grand conseil des Cris, a simplement indiqué qu'il «n'aurait pas lieu avant un certain temps».


Commentaire video: beaucoup d'argent pour les Cris...
 

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