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Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles
Vendredi, 16 novembre 2007

Commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles


LES MÉTIS – QUI SOMMES-NOUS?

Débutons par une rétrospective des noms qui nous identifiaient, nous les Sang- Mêlé. Ils étaient, Métis, Halfbreed, Halfcaste, Native, Mixed Blood, Voyageur, Coureurs de Bois, Home Guard, Forest Rangers, Country-born, Écossais, Acadien, Mountain Men, Rupertslander Chicot, Pork Eaters et Bois Brûlé.

Livres et articles vous diront que le mot Métis signifie ; mêlé ou mélange. Ces mêmes livres vous diront que le mot Métis signifie; mêlé ou mélange. Ils vous diront aussi que Métis s’applique aux gens nés d’une union sanguine d’Indiens et d’Européens francophones. Tout ceci est véridique, mais rien n’a vraiment été assez approfondi afin de nous permettre de bien comprendre les fondements génétiques du peuple Métis. Comme je suis un Métis du Nouveau-Brunswick et vivant maintenant au Québec, mes explications couvriront que les Métis de l’Est.

Au Canada, sans contredit, la première communauté de Sang-mêlé à être identifiée furent les Métis – Acadiens français qui étaient appelés ‘Indiens français’ de Nouvelle-Écosse. Un nombre incalculable d’évidences olographes rigoureuses confirmant ce fait existent et par le temps que leurs communautés se furent développées, certainement, il ne restait plus beaucoup de purs français. Avant le nettoyage ethnique de 1755, et après la chute de Louisbourg, ils ne voulurent aucunement porter allégeance au Roi d’Angleterre et refusèrent aussi de porter allégeance au Roi de France. Ils proclamèrent leurs communautés comme étant un groupe indigène distinct des deux nations d’origine, soit; ‘Aborigène et Français’.

Les Métis se battirent pour revendiquer leurs droits et défendre leurs territoires contre les menaces venant de partout. Les Métis furent même spécifiquement identifiés lors de certaines rencontres militaires dans les années l800. Ils furent dépeints par des Européens comme étant des réactionnaires sauvages ou comme des braves pitoyables, aux souches modestes, entraînés dans une bataille futile afin de préserver leur façon statique de vivre contre une évolution inévitable de la civilisation Blanche.

En toutes circonstances, je définirai un Métis comme étant une personne ayant des ancêtres aborigènes et qui s’identifie comme Métis. Mais moi, je ne me définirai pas selon cette définition. Aujourd’hui, je vais tenter de vous démontrer que le terme Métis, comme nous l’utilisons à cette époque, englobera ou devrait englober plusieurs autres groupes de gens. Je vais appliquer le terme Métis à toutes personnes aux ancêtres aborigènes mixtes qui, historiquement, peuvent être reconnues, comme distinct des Aborigènes et Blancs dans une utilisation plus conventionnelle de ces termes. Selon l’interprétation ‘ethno-centrique’ des historiens non Autochtone, cette omission n’est pas surprenante, mais du point de vue Autochtone cette omission est grave, car c’est tard dans la dernière période de 400 ans que les Métis ont développé leur propre culture et leurs liens aborigènes avec la terre.

Quoique, l’enregistrement des naissances de plusieurs enfants au Sang-Mêlé n’a pas été inscrit dans les archives, nous devons, sans contredit reconnaître, qu’il y eut rencontre d’hommes Blancs avec de femmes Autochtones, et de ces unions des enfants au Sang-Mêlé sont nés. Comme ces rencontres se sont produites sur ce continent au l5-1600ième siècle, avec une fréquence accrue puisque le commerce et l’exploration augmentaient et comme ces Sang-Mêlés s’unissaient de nouveau avec des Blancs et des Autochtones, la population de Sang-Mêlés fleurissait dans les années 1700.

À cette époque dans l’histoire, avec une population si diversifiée, il était impossible de développer qu’un seul profile. Dans l’Est du Canada seulement les yeux les plus observateurs pouvaient reconnaître les Sang-Mêlés des Amérindiens et au l800ième siècle au Québec et en Ontario plusieurs ne pouvaient être distingués des Blancs. Dans la région de Sault Ste-Marie et de la Rivière Rouge, des communautés furent créées totalement indépendantes culturellement des Blancs et des Aborigènes. Vivant simultanément dans le monde des Blancs et des Autochtones, les Sang-Mêlés développèrent une adaptation culturelle unique, leur fournissant dans un contexte social, économique, diplomatique et militaire des services valables et critiques soit chez les Aborigènes ou chez les Blancs.

Dans l’Est du Canada, l’élément qui unit les Premières Nations et les Métis, c’est notre lien étroit avec la terre et comme Métis, nous avons été élevés selon la perception Autochtone de la terre et de son utilisation. Nos ancêtres, comme nous aujourd’hui, comprenons que la terre est une ressource de laquelle nous extrayions seulement ce qui est nécessaire à notre survie et que ce n’est pas une possession qui doit être exploitée à outrance.

Quoique la plupart des Canadiens ont au moins une légère connaissance de Louis Riel et des Métis de l’Ouest, les écrits historiques retraçant les périodes antérieures ont presque oublié le rôle crucial que les Métis de l’Est ont joué dans les luttes lors de la période coloniale. Le rôle des Métis de l’Est fut et est minimisé par les historiens sur tous les plans. Pendant des années, il a été dit que les Métis de l’Est n’existaient pas et si c’est le cas, que font tous les Métis du Québec, du Nouveau Brunswick, de la Nouvelle Écosse, du Île du Prince Édouard et Terre Neuve dans les provinces de l’Est du Canada? Les historiens ont délibérément et grossièrement déformé la vérité au sujet de l’histoire des Métis de l’Est du Canada. Il est d’une tristesse que l’histoire Canadienne n’est pas décrite l’influence significative et historique que les Métis de l’Est ont jouée dans le développement du Canada moderne.

Pendant que les Métis Acadiens Français développaient leur culture, leur communauté et leur nation, un processus similaire se produisait en amont du fleuve St-Laurent. En fait, dans ces endroits, nous pouvons voir des tentatives de prise de conscience des Français afin de créer une nouvelle race. Des mariages entre jeunes hommes Français et femmes Autochtones n’étaient non seulement acceptés, mais financièrement encouragés avec des dots spéciales ou octrois de terres. Le plan initial était d’amener les Aborigènes à devenir des citoyens Français. Mais l’inverse se produisit et les autorités Françaises s’effrayèrent de voir disparaître dans les bois, à un taux alarmant, leurs jeunes hommes avec leurs jeunes épouses Autochtones. Ce fut durant cette période que le mot Canadien fut utilisé pour la première fois, et s’appliquait aux personnes de Sang-Mêlés Françaises dans les lieux à proximité de la ville de Québec dans les années 1632.

Peu de temps avant la Confédération, une tentative fut faite par le Gouvernement Canadien afin d’assimiler les Métis au sein des Autochtone ou à la Nation Française et c’est pour cette raison que nous, les Métis, sommes devenus une Nation cachée au sein de Canada. Les Métis de l’Est ne sont pas reconnus par le gouvernement du Canada et par les Aborigènes au Nord de l’Amérique. Depuis, la Constitution du Canada reconnaît et confirme les droits et les traités des Autochtones incluant ceux des Métis du Haut Canada. Je crois qu’il serait juste et souhaitable que le Canada, le Québec et les Premières Nations reconnaissent la contribution faite par nos ancêtres, les Métis de l’Est Francophone. Comme nos frères et sœurs des Nations Métis du Haut Canada, jamais nous cesserons nos combats afin de revendiquer nos positions et de plus être reconnus et acceptés pour ce que nous sommes et ce que nous avons toujours été…Métis!

La majorité du peuple Métis de notre époque n’est pas nécessairement le résultat de mariages interraciaux d’Indiens et de Blancs, mais plutôt le résultat direct de Métis mariant des Métis ou des Blancs ou des Métis mariant des Amérindiens ou des Inuits. La majorité des Métis d’aujourd’hui sont nés d’une union dont l’un ou les deux parents sont Métis. Nous savons pertinemment que les derniers Amérindiens de sang pur sont nés vers la moitié du 1700ième siècle…

La perception générale au sujet des Métis, est que nous sommes incapables de nous adapter à une situation de travail normal et à une éthique de travail. Les Métis n’ont pas leur propre concept du temps et de valeurs, nous sommes comme les autres citoyens du Canada, nous travaillons et nous payons nos taxes. Depuis la tentative d’assimilation des Métis, nous avons vécu côte à côte avec les autres sociétés. Ce stéréotype ne donne pas crédit au peuple Métis, car dans les faits ce Peuple est capable de s’adapter à vie commune avec d’autres sociétés. Plusieurs personnes au sein du peuple Métis n’ont pas vécu, pour une certaine période de temps, le style de vie de la pêche et de la trappe etc…Nonobstant ce fait, nous sommes toujours Métis et nous chérissons notre héritage Amérindiens et Français!

Nous, Métis ne demandont pas de privilèges spéciaux, mais un moyen de faire survivre notre langue et notre manière ancestrale de vivre. Nos Ancêtres Métis aussi bien que nous, devons être reconnus pour le rôle ‘qu’ils et nous’ avons joué dans le développement de la Confédération Canadienne. Je crois que les Métis du Canada sont beaucoup plus désavantagés que le peuple Aborigène, ce qui a comme résultat, qu’une panoplie de stéréotypes nous collent encore à la peau.

Nos Ancêtres Métis étaient liés à, mais libres des limitations de la vie tribale; liés à, mais libres de la dominance des lieux habités par les Blancs. Nos ancêtres étaient un nouveau peuple dans un monde en changement, apparemment libres de vivre leurs vies à la limite de leurs propres habiletés.

Les Métis du Québec et de l’Est du Canada sont connus comme un peuple oublié et cette situation a perdurée pendant des centaines d’années, mais nous avons toujours joué un rôle fondamental dans la construction de ce grand pays et comme Métis, nous devons avoir notre place spirituelle dans processus de guérison et de réconciliation entre toutes les Régions du Canada.

Archie Martin



Profanation des cimetières Métis Acadiens à Escuminac à Hardwick et à Baie Sainte Anne au Nouveau-Brunswick

Vers les années 1960, ici au Nouveau Brunswick, comble de l’incompréhension, la profanation de nos cimetières Métis français eut lieu. Nous, les Métis avons toujours su ces faits si déplorables. Aujourd’hui, il est impératif que ces réalités soient connues de tous et pour atteindre notre but, nous allons prendre tous les moyens de communications qui sont à notre disposition. À cette époque, nos parents et leurs parents avant eux, avaient une peur viscérale des anglophones et c’est pourquoi, ils ont gardé en eux cette grande colère. Ils ont souffert dans le silence. Je crois qu'il est temps pour nous de ma génération de faire connaitre à toute la population canadienne, la douleur et les préjudices que nous avons supportés dans le silence le plus complet pour trop longtemps. En effet, ces actes irrespectueux envers nos ancêtres Métis décédés, font jaillir en nous un grand chagrin. À Escuminac, mon village natal, les pierres tombales des Métis français ont été labourées hors du cimetière et cachées dans le bois sous une pile de terre. Croyant guérir nos blessures, un monument fut érigé sur lequel il est inscrit ‘Ici repose les anciens Acadiens’. Voilà le spectacle qui nous attend quand nous, les descendants Métis, visitons ce cimetière qui se nomme aujourd’hui " Escuminac Cemetary " et qui était autre fois, " Cimetière catholique Stella Maris " endroit où reposent nos ancêtres et qui s’est transformé, un jour, grâce à la haine ou l’incompréhension de certains, en un endroit d’une plus grande tristesse.

En plus, le cimetière St. Laurent RC Mission of Baie des Vents à Hardwick, Nouveau-Brunswick (no public access) (Aucun accès public), est le plus vieux cimetière où reposent nos ancêtres et il a subi le même sort.

Dans ces mêmes années, afin d’interdire l’accès à ce cimetière, un fossé fut creusé sur la route menant à celui-ci par un dénommé (McDonald) empêchant ainsi les descendants des ancêtres Français, Métis et Indiens de venir se recueillir sur les tombes de leurs bien-aimés. Tout ce scénario servait à cacher le fait, que les pierres tombales de nos ancêtres étaient utilisées comme ancre à filets.

Dans ce cimetière, il n’y a que deux pierres tombales anglophones encore debout, car la plupart des adultes anglais étaient enterrés ailleurs. Aujourd’hui, la mer a partiellement détruit une partie du cimetière mais elle n’est pas la seule responsable de la disparition de toutes les pierres tombales, puisque nous pouvons encore voir de nos jours, l’affaissement des terrains où nos morts ont été inhumés. Je vous nomme quelques noms de nos ancêtres Métis reposant dans ce cimetière.

Laman Martin, Died March 3, 1815 – age 70 Buried March 15, 1815 - Spouse: Agate Lejeune

Joseph Martin (farmer) Died June 25, 1805 age 61-

Paul Martin – died February 15, 1818 – age about 36

Mathurin Mazerolle (farmer at Baie des Vin) died September 14, 1829 - age 84 (74?)

Mathurin Paul Died September 9 1816-age 62

J’inclus quelques noms Autochtones afin de démontrer que les Indiens et les Métis ont vécu ensemble à Baie des Winds.

Marie Pierre Paul, died December 1820 – age 20, Parents Pierre-Paul (native of Richibucto) and Marie Madelaine, witness Lazare Mazeroles and Noël Ailliot Marie Piminouit, died 1807 age 5, parents Joseph Piminouit (native) and Magdeleine.

Pour faire suite : au cimetière catholique de l’église Sainte-Anne à Baie Sainte-Anne, Nouveau-Brunswick, 300 pierres tombales et tombes de nos ancêtres ont aussi subi le même sort.

Pour les Cimetières Stella Maris et St-Laurent RC Mission de Baie des Vents à Hardwick, Nouveau-Brunswick, nos recherches restent pour le moment vaines afin de trouver les noms de nos ancêtres et de plus, la promesse d’un repos pour leurs corps a été violée. À Escuminac que voyons-nous en arrivant ? D’un coté un champ nu où nos ancêtres reposent sans pierre et de l’autre côté les pierres tombales, en bonne condition et bien rangées, des ancêtres anglophones! Comment est-ce possible ? À cette époque, tous les résidants savaient mais gardaient le silence, que les responsables étaient des anglophones qui avaient commis ces profanations et avaient privés ces défunts d’un repos si bien mérité.

À Hardwick, les affaissements de terre indiquent l’endroit des tombes, mais là aussi aucunes pierres tombales, puisqu’elles reposent silencieusement au fond de la mer à Bay du Vin au Nouveau-Brunswick. Quel sentiment habitait ces gens?

Nous mettons au grand jour ces faits, car il est très important pour nous, communautés Métisses françaises, que notre mémoire se souvienne de ces actes contre notre peuple et pour sensibiliser le grand public à cette tragédie. Les mots me manquent pour vous dire à quel point ces gestes ont affecté et affectent toujours les familles Métis.

Nous pourrions crier vengeance et demander justice, mais tout ce que nous désirons, ce sont des excuses venant des profanateurs et la remise en place de pierres tombales, en remplacements de celles profanées et sur les quelles seront inscrits les noms de nos ancêtres.

Nous savons d’expérience, le rôle clé que jouent l’éducation, la culture, la prise de conscience des différences dans les peuples et le respect de celles-ci dans la consolidation des processus de paix, de restauration de l’unité nationale et c’est grâce à l’expérience que nous avons acquise dans des situations analogues au cours de ces dernières années. Il est du devoir du Nouveau-Brunswick et du Canada d’aider le peuple Métis français à retrouver l’espoir dans l’avenir, de demander réparation et excuses publiques de la part des responsables de ces actes de profanations, puisqu’ils sont toujours vivants aujourd’hui.

Une fois la visite terminée et les photos prises, nous quittons ces endroits, blessés et toujours avec la même et seule question ‘POURQUOI?’

Archie Martin
 

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