95 visites, 111 pages affichées Administration
Bienvenue ! Login
AAQ.CA Autochtones Indiens
La situation des autochtones se dégrade
Le Journal de Montréal, lundi 12 mai 2008

Pénitenciers
La situation des autochtones se dégrade

Nicolas Dubois
Le Journal de Montréal

La situation des détenus autochtones dans les pénitenciers se détériore année après année. Une situation qualifiée de crise nationale par l'enquêteur correctionnel au Canada.

Les délinquants autochtones sont surreprésentés dans les prisons fédérales, a appris Le Journal de Montréal.

Bien qu'ils ne for ment que 3 % de la population, un détenu sur cinq est d'origine autochtone.

Ils sont plus souvent placés dans des ailes à sécurité maximum, remis en liberté plus tard que les autres détenus et affichent un taux de récidive plus élevé que la moyenne nationale.

«C'est catastrophique. Les Amérindiens s'intègrent très mal au système carcéral canadien», dénonce l'enquêteur correctionnel au Canada, Howard Sapers.

«Il y a un choc culturel et les pénitenciers ne réussissent pas leur objectif principal de réhabilitation.»

Selon M. Sapers, les statistiques augmentent année après année. Ce phénomène serait dû à la situation désavantageuse que vivent les membres des Premières Nations : faible taux de scolarité, passé violent et problèmes graves de consommation d'alcool et de drogue.

«On les isole de leurs communautés respectives et ils réagissent très mal à leur passage en prison», ajoute-t-il.

La situation est encore plus critique chez les femmes autochtones, qui représentent le tiers des prisonnières.

«Troublant»

Le chef de l'Assemblée des Premières Nations au Québec, Ghislain Picard, qualifie la situation de «troublante».

«Il va falloir avoir un débat public sur la question. La crise nécessite une intervention politique majeure, pas juste du patchage.»

Réforme en vue

Une porte-parole du bureau du ministre de la Sécurité publique à Ottawa, Stockwell Day, confirme qu'une réforme du système carcéral est dans la mire du gouvernement conservateur.

Plusieurs modifications seront apportées au système pour tenter d'aider la situation des contrevenants autochtones.

 Télécharger cet article au format PDF


Mardi 17 octobre 2006

Discrimination contre les autochtones dans le système carcéral canadien

Les détenus autochtones font l'objet d'une discrimination générale dans le système pénitentiaire canadien, où ils sont surreprésentés par rapport à leur poids démographique dans le pays, accuse un rapport publié lundi.

Dans son rapport annuel, l'ombusdman chargé des prisons, souligne que les autochtones représentent moins de 3% de la population du Canada, mais 18% de sa population carcérale.

Le taux d'incarcération pour les autochtones adultes est de quelque 1.024 pour 100.000 Canadiens, soit 9 fois plus que pour le reste de la population.

Howard Sapers, "L'enquêteur correctionnel" (titre officiel de l'Ombudsman) s'inquiète aussi de l'augmentation spectaculaire du taux d'incarcération des femmes autochtones, qui constituent actuellement environ un tiers des femmes détenues dans des prisons canadiennes.

Selon le rapport, les problèmes ne se limitent pas à la surreprésentation des autochtones dans les prisons.

Ceux-ci sont plus souvent placés dans des établissements à sécurité maximale ou en isolement que les autres détenus. Il leur est également plus difficile d'obtenir une libération anticipée et d'avoir accès à des programmes de réinsertion.

"Les services correctionnels ne sont pas responsables des conditions sociales et des politiques qui ont contribué à faire de la population carcérale ce qu'elle est, mais il est de leur responsabilité de s'assurer que tous les Canadiens et tous les délinquants soient traités équitablement", a déclaré M. Sapers dans une conférence de presse.

Il a exprimé sa "grave préoccupation que les services correctionnels permettent une discrimination systémique contre les autochtones".

Le Service correctionnel du Canada (SCC), s'est déclaré prêt à mettre en oeuvre plusieurs des recommandations de l'ombudsman, mais a affirmé ne pas pratiquer de discrimination à l'encontre des délinquants autochtones.

Des organisations autochtones ont réagi en soulignant que rien n'avait changé ces dernières années dans les prisons canadiennes et que le pays devait investir davantage pour lutter contre la pauvreté.

"La pauvreté chez les membres des Premières nations (peuples autochtones) constitue le plus grand cas d'injustice sociale au Canada aujourd'hui", a déclaré Phil Fontaine, chef de l'Assemblée nationale des Premières nations.


Pourquoi l'ACSEF dit-elle que le système carcéral est raciste?

Le système carcéral est un microcosme de la société canadienne, ce qui implique que les femmes autochtones incarcérées partagent le même passé d'injustice et d'inégalité que les Autochtones vivant hors des murs. Sans une reconnaissance de cette discrimination et une approche spécifique visant à en corriger les effets, particulièrement au sein du système de justice pénale et des systèmes correctionnels, les problèmes suivants persisteront:
  • Les femmes autochtones représentent actuellement 30 % de la population totale des femmes détenues sous responsabilité fédérale, alors qu'elles ne forment que 3 % de la population canadienne.

  • La surreprésentation est encore plus marquée parmi les détenues classées à niveau de sécurité maximum, où les femmes autochtones représentent habituellement entre 40 % et 60 % de la population. La plupart du temps, cela résulte d'un système de classification qui les pénalise pour des carences sociales et communautaires sur lesquelles elles n'ont aucun contrôle.

  • Les femmes autochtones ont 14 % moins de chances d'être remises en liberté conditionnelle dans la collectivité que les femmes non autochtones. Les programmes de formation professionnelle et les créneaux éducatifs disponibles ne sont pas adaptés aux besoins particuliers des femmes autochtones.

  • Bien qu'il existe un pavillon de ressourcement pour les détenues autochtones sous responsabilité fédérale, sa capacité ne dépasse pas 30 femmes et il y a habituellement de 80 à 90 femmes autochtones dans les prisons fédérales. La plupart des détenues autochtones se voient donc exclues du Pavillon de ressourcement Okimaw Ohci. De plus, en raison du racisme inhérent au système de classification, trop de femmes autochtones sont classées à un niveau de sécurité maximum. Nombre d'entre elles sont présentement confinées dans les nouvelles unités d'isolement à sécurité maximum des prisons régionales pour femmes, tandis que d'autres subissent une ségrégation du fait d'être confinées dans des unités de sécurité maximum au sein de prisons pour hommes.
 

Haut de la page
 

Accueil Articles Événements Liens Annonces Discussions Mon Portail Devenir Membre Administration

Copyright © Jean Jolicoeur. Tous droits réservés.